Quel étrange roman ! D'ailleurs, est-ce réellement un roman ? Cela ressemble plutôt à un récit, très simple au départ, dont on voit mal l'intérêt romanesque au début. Et puis, peu à peu, on s'attache à ces deux personnages, surtout à la cocasse et pathétique Fadila. Jusqu'à la surprise finale...
Edith, traductrice d'anglais, mariée, deux enfants, prend pour femme de ménage une marocaine déjà âgée, Fadila. Celle-ci est totalement analphabète et, vivant seule et délaissée par ses enfants, cela lui pose de gros problèmes de vie quotidienne. Edith décide, avec son accord, de lui apprendre à lire et à écrire. Commencé dans l'enthousiasme, cet apprentissage va se révéler plus compliqué que prévu car Fadila a un fort caractère et une histoire pesante qui semble l'écraser. Cette histoire va nous être racontée par bribes, mais il ne faut pas la résumer ici. Tout le plaisir du roman est dans la découverte de ce destin et de l'étrange incapacité de Fadila d'entrer dans le monde de l'abstraction.
Au cours de la lecture on est de plus en plus touché par cette vieille femme qui recèle des certitudes mi-comiques, mi-touchantes, mais qui vont ébranler Édith...
Un roman tout simple qui, pourtant, en dit beaucoup sur le fossé entre les civilisations.