Les vacances pour un libraire consistent à lire des classiques jamais lus et à se déconnecter de l'éternelle course aux nouveautés. C'est ainsi qu'au hasard d'un séjour dans les Alpes de Haute Provence, dans une bibliothèque oubliée, j'ai découvert une vieille édition de François le Champi. Un George Sand jamais
lu ! Voyons un peu si la chère Aurore n'a pas trop vieilli.
Au début de cette histoire édifiante, on croit lire du comtesse de Ségur : Madeleine Blanchet, jeune épouse d'un gros meunier, recueille une enfant trouvé de 6 ans, un Champi. Le petit François s'attache de façon passionnelle à sa mère de substitution et devient un jeune homme beau et fort. On passe alors à Maupassant : le mari, devant cette amitié passionnée, devient jaloux et chasse François. Ce mari devenu volage, prend une maîtresse pour laquelle il dilapide le patrimoine. La dernière partie fait, elle, penser à Zola, avec sa solidité et son ancrage dans la réalité sociale... mais je ne vous la résumerai pas. Alors, où est George Sand là-dedans ? Et bien dans le style ! Le roman est raconté par deux "vieux", lors d'une veillée, et le langage choisi est celui d'un parler, ancien bourrelé d'expression "vieux français" et même "vieux berrichon". D'où une sensation d'authenticité qui rend l'histoire passionnante et le récit chaleureux.
La "bonne dame de Nohant" n'est pas prêt de se laisser oublier !